Joel Eyraud

"Un jour, j'aurai des Aubrac". Voilà ce que s'est dit le jeune Joël Eyraud en découvrant à seize ans la race d'Aubrac au cours d'un stage professionnel en Lozère. "Je ne fais plus agriculteur par obligation, je le fais par goût." En prenant le risque de réaliser son "rêve d'Aubrac", Joël a en fait trouvé sa vocation et donné un sens à sa vie d'agriculteur. Il vit désormais pleinement de son travail, de ce qu'il a créé et construit et on ne parle pas ici uniquement de ses chères Aubrac : "Le jour où j'arrêterai, j'aurai de la peine à perdre mes bêtes, mais ce qui me coûtera le plus, ce sera de perdre ma clientèle."

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Photos : Hubert de Bonneville

Joel Eyraud

La passion de l'Aubrac

Le monde autour de la paisible ferme familiale de Conac, près de Saint Privat d'Allier, s'est élargi bien au-delà des marchés d'Ardèche et Joël parcourt la France une fois par mois pour livrer une clientèle fidèle qui s'étend de Paris à Marseille… 

Les soixante-dix vaches Aubrac constituent le troupeau allaitant : leur rôle est de faire des veaux (vêler) et de les allaiter. Elles ont une durée de vie de vingt ans. Jusqu'à huit mois, les petits veaux restent avec leur mère, qui les nourrissent avec leur lait (d'où l'importance de l'alimentation des mères, comme on le verra plus loin). On parle de "veaux sous la mère".

Ensuite, c'est Joël qui s'en occupe et qui les nourrit à l'étable jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge de treize mois : on les appelle alors des "broutards". Ce sont eux qui fournissent la bonne viande d'Aubrac.

Le respect de la tradition 

Pour offrir une viande encore plus saine, goûteuse et naturelle, Joël a supprimé l'ensilage et l'enrubannage car la viande des veaux est meilleure si leur mère n'a pas elle-même été nourrie de fourrage fermenté.

Les animaux ne mangent donc que de l'herbe, du foin et de l'aliment non OGM.

Joël ne court pas après une appellation "bio" à toute force, d'autant qu'il en a relevé certaines contradictions, mais il reste très attaché aux qualités naturelles de la viande qu'il produit : "du traditionnel comme il y a 50 ans…!", comme il le dit avec passion.

Une viande exceptionnelle... toute l'année !

Joël a choisi de fournir de la viande toute l'année : quatre veaux un mois, trois le suivant, en alternance.

D'avril à novembre, les bêtes (mères et petits) vivent dehors. De novembre à avril, elles sont à l'intérieur.

Qu'elles soient dedans ou dehors, Joël surveille les vêlages pour intervenir en cas de problème. Et il y a toujours trois ou quatre broutards à finir d'élever à l'intérieur.

La vente de la viande ayant lieu en fin de mois, les broutards sont conduits à l'abattoir une dizaine de jours avant. La viande reste ensuite en chambre froide dix jours (elle devient ainsi plus tendre car les bêtes n'ont pas été nourries à l'ensilage).

Un atelier de découpe se charge ensuite de conditionner les morceaux de viande, de les mettre sous vide et d’assurer l’étiquetage. 

 

Joel Eyraud


Le Conac - 43580 Saint Privat d'Allier 04 71 57 21 68  06 27 72 39 37  joel.eyraud.conac@orange.fr